Pourquoi les charges de copropriété augmentent en 2025 ?
L'assurance, nouveau moteur de la hausse
Pendant plusieurs années, la crise énergétique a pesé lourd sur les budgets des copropriétés. Cette dynamique est en train de se transformer. En 2025, les copropriétés en chauffage collectif voient même leurs charges légèrement reculer (-0,5%), grâce à une détente sur les prix de l'énergie.
En revanche, les charges dites "tertiaires" (services aux immeubles : assurances, contrats de maintenance, gardiennage) explosent :
- Assurances multirisques immeuble : +16%, premier poste de hausse
- Contrats de maintenance : +12%
Pourquoi une telle flambée des assurances ? La multiplication des sinistres liés aux aléas climatiques (inondations, sécheresses, incendies) pousse les assureurs à réviser fortement leurs tarifs. Les copropriétés en subissent directement les conséquences.
"Les assurances sont devenues le principal moteur de la hausse des charges de copropriété. Pour limiter la facture, il est nécessaire de mettre en concurrence chaque année les contrats d'assurance mais aussi de maintenance de la copropriété afin d'obtenir le meilleur rapport qualité-prix.", commente Raphaël Di Meglio, Président de Matera
Des disparités régionales très marquées
L'augmentation des charges de copropriété n'est pas uniforme sur le territoire. Dans les régions les plus exposées aux risques climatiques, les hausses peuvent atteindre près du triple de la moyenne nationale. C'est le cas des Pays-de-la-Loire, à +13,3% contre +4,7% au niveau national.
Le top 3 des régions les plus impactées
Dans les Pays-de-la-Loire, les aléas climatiques majeurs, notamment les inondations à répétition, font grimper les primes d'assurance de +19% entre 2024 et 2025. En Bretagne, le phénomène est similaire, les événements météorologiques extrêmes pesant directement sur les tarifs. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, ce sont les risques d'incendie et de sécheresse qui alimentent la hausse, avec des assurances en progression de +18%.
À l'autre bout du spectre, le Grand Est affiche la hausse la plus contenue avec +2,7%, moins de la moitié de la région la plus impactée. Une situation qui s'explique en partie par une moindre exposition aux événements climatiques extrêmes dans cette région.
Ile-de-France : la région la plus chère de France
Des charges très au-dessus de la moyenne nationale
Si la hausse en Ile-de-France (+4,1%) reste proche de la moyenne nationale, la région conserve le niveau de charges le plus élevé du pays. En 2025, les copropriétaires franciliens paient en moyenne 1 158 euros par lot et par an, contre 913 euros au niveau national, soit 27% de plus que la moyenne française. Sur trois ans (2022-2025), la progression atteint même +9,6%.
En Ile-de-France, les principaux postes de dépenses se répartissent ainsi :
- Ménage : 21% des charges
- Eau : 17%
- Assurance : 13%
- Contrats de maintenance : 12%
C'est précisément sur ces deux derniers postes que la pression est la plus forte. À noter : c'est à Paris que la hausse des primes d'assurance est la plus spectaculaire (+21%), en raison du vieillissement du bâti qui accroît le risque de sinistres.
De fortes disparités entre départements franciliens
Tous les départements d'Ile-de-France ne sont pas touchés de la même façon. Les écarts sont saisissants :
- Seine-et-Marne : +13,9%, le département le plus impacté de la région
- Val-de-Marne : +13,1%
- Essonne : +10%
- Val-d'Oise : +5,9%
- Paris : +6,5%, pour des charges moyennes de 1 423 euros par lot et par an, de loin les plus élevées de France
- Seine-Saint-Denis : +5,3%
- Hauts-de-Seine : +5%
- Yvelines : +2,1%, après une forte hausse en 2024, la progression ralentit nettement cette année
Et dans l'Oise ?
L'Oise présente un profil bien différent du reste de la région francilienne. Les charges s'y établissent à 617 euros par lot et par an en 2025, soit un niveau nettement inférieur à la moyenne nationale (913 euros). La hausse y reste contenue à +2,6%, même si la progression des frais tertiaires et des assurances s'y fait également sentir.
Comment limiter l'augmentation des charges de copropriété ?
Face à cette hausse structurelle, plusieurs leviers permettent d'en atténuer l'impact :
- Mettre en concurrence les contrats d'assurance chaque année : avec +16% de hausse nationale, c'est aujourd'hui le levier le plus efficace. Un simple appel d'offres peut générer 10 à 20% d'économies selon le profil de la copropriété
- Renégocier les contrats de maintenance : avec +12% de hausse nationale, comparer les prestataires devient indispensable
- Ajuster le chauffage collectif : baisser d'un ou deux degrés peut produire des effets concrets sur la facture annuelle
- Engager des travaux de rénovation énergétique : ils permettent d'améliorer durablement la performance du bâtiment et de réduire les dépenses sur le long terme
"En complément de la renégociation des contrats, des ajustements simples peuvent produire des effets concrets, comme baisser d'un ou deux degrés le chauffage collectif. Les travaux de rénovation énergétique constituent aussi un levier efficace pour améliorer durablement la performance énergétique et réduire les dépenses." Raphaël Di Meglio, Président de Matera
Ce qu'il faut retenir sur l'augmentation des charges de copropriété en 2025
- +4,7% d'augmentation des charges au niveau national en 2025
- Les assurances (+16%) deviennent le premier moteur de la hausse, devant les contrats de maintenance (+12%)
- Les régions climatiquement exposées sont les plus touchées : Pays-de-la-Loire (+13,3%), PACA (+8,2%), Bretagne (+7,1%)
- En Ile-de-France, la hausse est de +4,1% mais les charges restent les plus élevées de France : 1 158 euros par lot et par an
- Paris concentre les charges les plus hautes : 1 423 euros par lot et par an, en hausse de +6,5%
- Pour maîtriser sa facture, la mise en concurrence annuelle des contrats est le levier prioritaire
Méthodologie : le baromètre Matera est réalisé à partir de l'analyse de 5 390 copropriétés en 2025, représentant 55 386 lots. Seules les copropriétés clientes depuis au moins deux ans ont été retenues pour neutraliser l'effet d'entrée dans le modèle de gestion.

