Changer de syndic de copropriété est un droit pour chaque copropriétaire, et la procédure se résume à une résolution votée en assemblée générale à la majorité absolue (article 25 de la loi du 10 juillet 1965). Beaucoup pensent qu'il faut attendre la fin du mandat ou payer des frais : c'est faux. Le changement de syndic est gratuit et peut être engagé dès la prochaine assemblée générale.
Dans ce guide, on détaille la procédure complète en 5 étapes, de l'inscription à l'ordre du jour jusqu'à la passation avec le syndic sortant, avec les délais à respecter en 2026 et les pièges à éviter. En France, 10 millions de logements sont en copropriété, soit près d'un tiers du parc résidentiel. Changer de syndic est l'un des leviers les plus directs pour reprendre le contrôle de sa gestion.
La procédure en 5 étapes : le récapitulatif
En 2026, changer de syndic suit 5 étapes :
- Inscrire le point à l'ordre du jour de l'AG ;
- Mettre en concurrence au moins trois candidats ;
- Annexer les contrats à la convocation ;
- Voter le nouveau prestataire à la majorité absolue ;
- Organiser la passation sous un mois.
L'ensemble est gratuit pour la copropriété.
Pourquoi changer de syndic ?
On change de syndic principalement pour trois raisons : des honoraires trop élevés ou opaques, un manque de réactivité, et une mauvaise tenue des comptes. Le prix et la qualité de service arrivent largement en tête des motifs de départ, avant tout autre critère.
Les charges pèsent de plus en plus lourd. Elles ont augmenté de 373 € en moyenne entre 2021 et 2024, passant de 1 886 € à 2 259 € par an et par copropriétaire. Côté honoraires, le forfait de base des syndics a grimpé de 10 % en moyenne entre 2022 et 2023, avec des hausses de plus de 30 % pour certaines petites copropriétés.
Le manque de réactivité est l'autre grand motif. Un syndic professionnel gère en moyenne 72 copropriétés, et plus de 80 pour les grands cabinets. À ce volume, les délais de réponse s'allongent et le suivi personnalisé devient difficile.
Quand peut-on changer de syndic ?
On peut changer de syndic dans deux situations : en fin de mandat (cas le plus simple, sans justification à fournir) ou en cours de mandat par une révocation votée en assemblée générale. Dans les deux cas, la décision appartient aux copropriétaires réunis en AG.
En fin de mandat : le cas classique
Le mandat d'un syndic dure au maximum trois ans. À son échéance, il n'est pas reconduit automatiquement : l'assemblée générale doit voter son renouvellement ou la désignation d'un nouveau gestionnaire. C'est le moment idéal pour changer, car aucune justification n'est exigée. La loi ALUR impose d'ailleurs une mise en concurrence du syndic tous les trois ans lors du renouvellement du contrat.
En cours de mandat : la révocation
Il est aussi possible de le révoquer avant la fin de son mandat. Le gestionnaire en place peut être révoqué par décision de l'assemblée générale statuant à la majorité de l'article 25. La révocation doit toutefois reposer sur un motif légitime (faute de gestion, manquements répétés) pour éviter tout risque de contestation.
La procédure de changement de syndic en 5 étapes
Étape 1 : Inscrire le changement à l'ordre du jour
La première étape consiste à demander l'inscription du point changement de syndic à l'ordre du jour de l'assemblée générale, par lettre recommandée avec accusé de réception adressée au gestionnaire en place. Cette demande peut émaner du conseil syndical ou d'un seul copropriétaire, à partir d'un modèle de lettre type.
Le courrier doit parvenir au syndic suffisamment tôt pour qu'il l'intègre à la convocation, soit au moins 21 jours avant la date de l'AG. Sans inscription à l'ordre du jour, aucun vote sur le sujet n'est possible. C'est l'erreur la plus fréquente : présenter le changement en séance sans l'avoir inscrit, ce qui rend la décision nulle.
Étape 2 : Mettre en concurrence et comparer les offres
La deuxième étape consiste à solliciter plusieurs syndics, en pratique au moins trois devis détaillés, afin de comparer les honoraires et les prestations. La mise en concurrence est non seulement une bonne pratique, mais une obligation légale au renouvellement du contrat.
Les écarts de prix sont importants. Les honoraires annuels d'un syndic professionnel oscillent entre 150 et 200 € par lot en France, et grimpent à 200 à 250 € à Paris. À l'inverse, les syndics en ligne proposent des honoraires inférieurs à 120 € par lot pour les copropriétés de taille moyenne, en échange d'une gestion largement dématérialisée.
Au-delà du prix, comparez le périmètre du forfait de base, la liste des prestations facturées en sus, la réactivité annoncée et l'accès aux comptes en temps réel. Un forfait bas accompagné de nombreux frais additionnels peut revenir plus cher qu'un forfait transparent.
Étape 3 : Annexer les contrats à la convocation
Le syndic sortant doit obligatoirement joindre à la convocation les projets de contrat des candidats. Sans ces contrats annexés, le vote ne peut pas avoir lieu valablement. C'est une garantie pour que les copropriétaires votent en connaissance de cause.
Le conseil syndical veille à ce que les contrats retenus soient bien transmis au gestionnaire en place dans les délais, pour qu'ils figurent dans l'envoi de la convocation. Si ce dernier refuse d'annexer un contrat concurrent régulièrement transmis, son refus peut être contesté.
Étape 4 : Voter le nouveau syndic en assemblée générale
Le jour de l'AG, le changement de syndic se vote à la majorité absolue de l'article 25, c'est-à-dire la majorité des voix de tous les copropriétaires, présents, représentés et absents. S'il recueille plus de la moitié des tantièmes de la copropriété, il est élu.
Un mécanisme de second vote (article 25-1) permet, si la majorité absolue n'est pas atteinte mais que la résolution a recueilli au moins un tiers des voix, de procéder immédiatement à un second vote à la majorité simple de l'article 24. Pensez à voter d'abord la fin du mandat du syndic sortant, puis la désignation du nouveau.
Étape 5 : Organiser la passation
Dès son élection, le nouveau syndic prend ses fonctions, et le syndic sortant dispose d'un délai d'un mois (30 jours) pour lui transmettre l'ensemble des documents et des fonds de la copropriété. Cette passation est encadrée par la loi.
Le syndic sortant doit remettre les archives, la fiche synthétique de la copropriété, les états comptables, la situation de trésorerie, les contrats en cours et les pouvoirs sur le compte bancaire. Un second délai court ensuite pour le solde des fonds restants et les documents complémentaires. En cas de retard, le nouveau prestataire peut le mettre en demeure, voire saisir la justice.
Comme le résume Loïc, expert juridique chez Matera : beaucoup de copropriétaires ne savent même pas qu'ils ont le droit de changer de syndic à tout moment. Notre rôle est aussi de les informer de leurs droits.
Combien coûte un changement de syndic ?
Changer de syndic est gratuit. Le gestionnaire sortant ne peut facturer aucun frais de transfert, de passation ou de clôture de dossier. Les seuls coûts sont les honoraires du nouveau prestataire, qui démarrent à sa date de prise d'effet.
Le vrai enjeu financier n'est pas le coût du changement, mais l'économie réalisée sur les honoraires futurs. Les copropriétés qui passent chez un syndic en ligne constatent souvent une baisse sensible de leur forfait de base.
Quels délais prévoir ?
Comptez en général deux à quatre mois entre la décision de changer et la prise de fonction effective du nouveau prestataire, le temps d'organiser la mise en concurrence et d'attendre la prochaine assemblée générale. La passation s'ajoute ensuite, avec un délai d'un mois.
Si vous changez en fin de mandat, calez la démarche sur le calendrier de l'AG annuelle. La demande d'inscription à l'ordre du jour doit parvenir au syndic au moins 21 jours avant l'AG. En cas de révocation en cours de mandat, une AG peut être convoquée spécifiquement, ce qui peut accélérer ou rallonger le calendrier selon les cas.
Les alternatives au syndic professionnel
Face au syndic professionnel classique, trois alternatives existent : le syndic bénévole, le syndic coopératif et le syndic en ligne. Le choix dépend de la taille de la copropriété et du temps que les copropriétaires peuvent consacrer à la gestion. Chacune répond à un besoin différent.
Le syndic bénévole est un copropriétaire qui assure lui-même la gestion, sans rémunération. C'est l'option la plus économique, adaptée aux petites copropriétés, mais elle demande du temps et des compétences juridiques et comptables. Le syndic coopératif repose sur le même principe, avec une gouvernance partagée : c'est le conseil syndical qui assure la gestion, et son président fait office de mandataire.
Le syndic en ligne, ou syndic nouvelle génération, combine ces deux mondes. Les copropriétaires gardent la main sur les décisions, mais sont épaulés par des experts (juristes, comptables) et un espace client en ligne. Cette formule mise sur la transparence des comptes, la qualité de la communication et des prestations sans frais cachés.
Comment passer chez Matera ?
Matera est un syndic professionnel qui permet aux copropriétés de gérer leur immeuble via un espace client personnalisé, avec l'appui d'experts dédiés (juristes, comptables, spécialistes travaux). L'objectif : plus de transparence sur les comptes et une meilleure réactivité.
Matera accompagne aujourd'hui plus de 10 000 copropriétés en France. L'accompagnement couvre l'ensemble de la démarche de changement, de la préparation de l'assemblée générale jusqu'à la récupération des documents auprès du prestataire sortant. La réactivité est l'un des points les plus cités par les nouveaux clients : une réponse à toute question en moins de 48 heures.
Pour estimer ce que représenterait le changement pour votre copropriété, vous pouvez demander un devis personnalisé, adapté à la taille de votre immeuble et à vos besoins.
FAQ
Faut-il une raison particulière pour changer de syndic ?
En fin de mandat, non : il suffit de ne pas renouveler le syndic sortant et d'en élire un autre. En cours de mandat, une révocation doit s'appuyer sur des manquements ou des fautes de gestion pour limiter le risque de contestation.
Qui peut demander un changement de syndic ?
Le conseil syndical ou n'importe quel copropriétaire peut demander l'inscription du changement à l'ordre du jour de l'assemblée générale. L'accord préalable du conseil syndical n'est pas nécessaire pour engager la démarche.
Le syndic sortant peut-il refuser de partir ?
Non. Une fois le nouveau gestionnaire régulièrement élu en assemblée générale, le mandat de l'ancien prend fin. Il a alors l'obligation de transmettre les documents et les fonds dans les délais légaux.
Y a-t-il un risque de période sans syndic ?
Non, si la procédure est respectée. Le vote en assemblée générale désigne le nouveau syndic et fixe sa date de prise de fonction, de sorte que la continuité de gestion est assurée sans interruption.
Peut-on changer pour un syndic en ligne ?
Oui. Un syndic en ligne se vote exactement comme un syndic traditionnel, en assemblée générale. La copropriété conserve son compte bancaire séparé et la passation suit les mêmes règles légales.
Faut-il l'accord de tous les copropriétaires ?
Non. L'unanimité n'est jamais requise. Seule la majorité absolue de l'article 25 est nécessaire, voire la majorité simple lors d'un second vote, ce qui rend la décision atteignable même sans l'accord de tous.










