À la mi-octobre 2026, beaucoup d'immeubles parisiens n'ont pas encore rallumé leur chauffage collectif, et les premières réclamations arrivent chez les syndics et dans les cabinets d'avocats. Aucune loi ne fixe la date d'allumage : elle dépend du règlement de copropriété, des votes d'assemblée générale et du contrat passé avec l'exploitant de la chaufferie. L'enjeu est double. Un immeuble froid, c'est une gêne pour les occupants et un risque de demande de baisse de loyer pour les bailleurs ; un allumage trop précoce, c'est une facture d'énergie plus lourde pour tous. Notre guide sur le chauffage de base en copropriété pose les règles générales. Cette news précise ce qui se joue cette semaine à Paris.
Qui décide de la date d'allumage du chauffage collectif ?
Le syndicat des copropriétaires, pas la loi. Aucun texte national n'impose une date de mise en route. La période du 15 octobre au 15 avril est un usage sans valeur légale (source : ista, spécialiste du comptage, point sur la saison 2026-2027 mis à jour le 30 septembre 2026). Comme toute décision de gestion courante, la période de chauffe se vote en assemblée générale à la majorité de l'article 24 de la loi du 10 juillet 1965, sauf si le règlement de copropriété la fixe déjà.
Le troisième document à relire est le contrat d'exploitation de la chaufferie : dates de marche, conditions d'un allumage anticipé et coût de ce changement. Notre article sur la chaufferie collective et le contrat P1, P2, P3 détaille ce qu'il contient. Le syndic applique ces règles et donne l'ordre de mise en route à l'exploitant, sans nouveau vote. Certains contrats remplacent la date fixe par un seuil de température extérieure : avec ce type de clause, c'est la météo qui décide, pas le calendrier.
Quelle température le chauffage collectif doit-il assurer ?
La loi fixe un plafond, pas un minimum. L'article R241-26 du Code de l'énergie, en vigueur depuis le 1er janvier 2016, limite la température moyenne de chauffage des logements à 19 °C en dehors des périodes d'inoccupation. Ces 19 °C servent de référence aux locataires, aux juges et aux syndics pour dire si un logement est correctement chauffé.
Pour un logement loué, l'article 3 du décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 exige une « installation permettant un chauffage normal ». Dans un immeuble à chauffage collectif, cette installation est la chaufferie commune, et c'est sur ce texte que s'appuient les locataires quand elle reste éteinte alors qu'il fait froid. Le syndic, lui, répond du bon fonctionnement des équipements communs : voir notre article sur la responsabilité juridique du syndic.
Ce que ça change pour vos charges de copropriété à Paris
Il n'y a pas de réduction de charges à réclamer : elles suivent la consommation. L'article 10 de la loi du 10 juillet 1965 répartit les frais de chauffage collectif selon l'utilité du service pour chaque lot, et l'article 14-1 fait payer des provisions trimestrielles calculées sur le budget prévisionnel. L'énergie réellement consommée est régularisée après l'approbation des comptes. Un allumage retardé réduit donc la facture d'énergie de l'exercice, le poste P1 du contrat, mais pas l'abonnement ni l'entretien de la chaudière. Le poids de ce poste dans votre budget est détaillé dans notre guide des charges de copropriété à Paris.
Copropriétaires bailleurs : le risque d'une demande de baisse de loyer
C'est ici que l'absence de chauffage coûte de l'argent. Depuis le 9 octobre 2026, le cabinet parisien Kohen Avocats publie des guides pour les locataires dont le chauffage collectif n'est pas rallumé en octobre 2026 : mise en demeure du bailleur, relevés de température, puis demande de réduction de loyer devant le juge. Les jugements cités par ce cabinet accordent des réductions de loyer de 30 à 50 % sur la période sans chauffage.
Le bailleur ne peut pas répondre à son locataire que la panne vient de la copropriété : c'est lui qui doit délivrer un logement chauffé, avant de se retourner vers le syndicat des copropriétaires. Signalez donc le problème au syndic par écrit dès la première réclamation du locataire, pour prouver vos diligences. Les frais de chauffage collectif font partie des charges récupérables sur le locataire : sans chauffage, il n'y a rien à récupérer.
Ce que le conseil syndical peut faire dès maintenant
Le calendrier presse. Selon les prévisions relayées par Sortiraparis le 12 octobre 2026, Paris reste doux jusqu'au vendredi 16 octobre, puis les températures tombent à 8 °C le samedi matin et à 7 °C le dimanche 18. C'est ce week-end que la question va se poser dans les immeubles encore éteints. Quatre actions sont possibles sans attendre une assemblée générale.
- Relire le contrat d'exploitation : date de mise en route prévue, clause d'allumage anticipé, préavis à donner au chauffagiste.
- Demander par écrit au syndic de donner l'ordre de mise en route si les conditions sont réunies. Il administre l'immeuble au titre de l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 et n'a pas à attendre un vote pour appliquer la période prévue.
- Si le syndic ne répond pas, lui adresser une mise en demeure par lettre recommandée, en rappelant le contrat et la température relevée dans les logements. Notre article sur le syndic qui ne répond pas donne la marche à suivre.
- Pour l'hiver prochain, faire inscrire à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale une résolution qui fixe la période de chauffe ou un seuil de température extérieure. L'article 10 du décret du 17 mars 1967 permet au conseil syndical de notifier cette question au syndic à tout moment.
Chez Matera, le gestionnaire dédié à votre immeuble suit le contrat d'exploitation de la chaufferie et donne l'ordre de mise en route au chauffagiste. Sur la plateforme, les copropriétaires signalent un problème dans la messagerie de l'immeuble et suivent l'ordre de service envoyé à l'entreprise. À Paris, plus de 50 gestionnaires accompagnent déjà plus de 20 000 copropriétaires : découvrez notre syndic de copropriété à Paris.
Sources
- Légifrance, article R241-26 du Code de l'énergie, version en vigueur depuis le 1er janvier 2016
- Légifrance, décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent, article 3, version du 21 août 2023
- Kohen Avocats, « Chauffage collectif en panne ou non rallumé à Paris en octobre 2026 : obliger le bailleur et le syndic à réparer, obtenir une baisse de loyer », 11 octobre 2026
- Kohen Avocats, « Chauffage collectif en panne à Paris en octobre 2026 : mise en route tardive, baisse de loyer et recours du locataire », 9 octobre 2026
- ista, « Quelle est la date d'allumage et de coupure du chauffage collectif pour la saison de chauffe 2026-2027 ? », mis à jour le 30 septembre 2026
- Sortiraparis, prévisions météo pour Paris du 12 au 18 octobre 2026, 12 octobre 2026

