Baromètre des charges de copropriété 2025-2026 : les chiffres à connaître
Selon le baromètre annuel des charges de copropriété publié par Matera, réalisé à partir de l'analyse de 5 390 copropriétés représentant plus de 55 000 lots, la facture moyenne des copropriétaires a progressé de +4,7 % en 2025. Cette hausse représente environ 43 € supplémentaires par lot sur la seule année, pour un montant moyen de 913 € par lot en France.
Le moteur de cette augmentation a changé de nature. Pendant deux ans, l'énergie avait concentré les débats en assemblée générale. En 2025, ce sont les assurances multirisques immeuble qui prennent le relais, avec une hausse de 16 %, devenue le premier poste de dépense des copropriétés, portée notamment par le relèvement de la surprime catastrophe naturelle de 12 % à 20 % au 1ᵉʳ janvier 2025. Les contrats de maintenance suivent, à +12 %.
À l'inverse, les copropriétés en chauffage collectif voient leurs charges énergétiques légèrement reculer (-0,5 %), signe d'une détente progressive à ce niveau, alors que le chauffage individuel continue de progresser.
Les écarts régionaux restent marqués :
Grande copropriété : pourquoi vos charges ne se lisent pas comme celles d'une petite structure
Les grandes copropriétés concentrent davantage d'équipements collectifs, ascenseurs, chauffage collectif, gardiennage, espaces verts, dont l'entretien se répartit sur l'ensemble des copropriétaires. Ce n'est pas un signe de mauvaise gestion, c'est la conséquence directe du patrimoine à entretenir.
En contrepartie, un gros effectif permet de peser davantage dans une négociation. Un simple appel d'offres peut générer 10 à 20 % d'économies selon le profil de la copropriété, en particulier sur les contrats d'assurance et de maintenance, qui concentrent l'essentiel de la hausse récente. Sur une grande copropriété, l'assurance multirisque immeuble représente un poste particulièrement variable : selon la gestion du dossier, comptez le plus souvent entre 150 € et 450 € par lot et par an, avec une médiane autour de 275 €.
Mais cette mécanique ne se déclenche pas automatiquement. Elle suppose un syndic capable de suivre l'évolution de votre copropriété, la mise en concurrence des gestionnaires, l'évolution de la sinistralité et les obligations réglementaires propres aux gros ensembles, comme le DPE collectif, obligatoire depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 pour les immeubles de plus de 50 lots, et étendu depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 à l'ensemble des copropriétés quelle que soit leur taille, ou encore l'audit énergétique imposé aux immeubles de plus de 50 lots en chauffage collectif dont le permis de construire est antérieur à 2001.
C'est là que se joue la vraie différence entre les syndics. Sur une copropriété de 150 lots, un gestionnaire seul, sans équipe derrière lui, devient rapidement débordé : entre les appels d'offres à relancer, les sinistres à suivre, les conflits entre copropriétaires à gérer et l'assemblée générale à préparer pour un effectif important, la charge de travail dépasse ce qu'une seule personne peut absorber correctement. Les leviers d'optimisation des charges existent sur le papier, mais ne sont tout simplement pas mis en œuvre faute de temps, comme l'illustre le cas d'une copropriété de 70 lots à Argenteuil dont le contrat d'assurance n'avait pas été revu depuis plusieurs années.
Un syndic structuré pour les grands ensembles associe au contraire un gestionnaire dédié individuel à une équipe globale d'experts (juristes, comptables, spécialistes travaux) qui prend le relais sur les dossiers complexes.
Comment maîtriser la hausse des charges dans une grande copropriété
Plusieurs leviers, spécifiquement adaptés aux gros effectifs, permettent de limiter la progression des charges constatée par le baromètre :
- Remettre en concurrence les contrats d'assurance chaque année. Sur un immeuble de 100 lots ou plus, une négociation peut générer 10 à 20 % d'économies, d'autant plus que les primes ont bondi de 16 % en 2025.
- Auditer les contrats de maintenance (ascenseurs, chauffage collectif, espaces verts) plutôt que de les renouveler par tacite reconduction. La hausse de 12 % constatée sur ce poste laisse une marge de négociation réelle.
- Optimiser la gestion énergétique, en tirant parti de la détente observée sur le chauffage collectif (-0,5 %) pour renégocier les contrats d'exploitation avant que les prix ne remontent.
- Mutualiser la gestion des gardiens et concierges, un poste sensible sur les grandes copropriétés qui mérite un suivi social et administratif dédié, souvent sous-estimé.
- Comparer sa copropriété au baromètre national chaque année pour identifier les postes qui s'écartent anormalement de la moyenne de sa catégorie de taille.
FAQ
Pourquoi les charges par lot sont-elles plus élevées dans une grande copropriété ?
Parce que les immeubles de grande taille comptent davantage d'équipements collectifs (ascenseurs, chauffage collectif, gardiennage) dont l'entretien se répartit sur l'ensemble des copropriétaires, même si un gros effectif permet aussi de peser davantage dans la négociation des contrats.
Quel est le poste de charge qui augmente le plus vite dans une grande copropriété ?
Les assurances multirisques immeuble, en hausse de 16 % en 2025, portées par le relèvement de la surprime catastrophe naturelle de 12 % à 20 %, sont devenues le premier poste de hausse, devant les contrats de maintenance.
Combien coûte l'assurance multirisque immeuble pour une grande copropriété ?
Comptez le plus souvent entre 150 € et 450 € par lot et par an, avec une médiane autour de 275 €, selon l'exposition aux risques et l'ancienneté du contrat.
Comment comparer les charges de ma grande copropriété à la moyenne nationale ?
Ramenez toujours vos charges à un coût par lot et par an, puis comparez-les au baromètre national, qui s'établit à 913 € par lot en moyenne en 2025, contre 1 158 € en Île-de-France.
La mise en concurrence des contrats est-elle plus efficace sur une grande copropriété ?
Oui, l'effet de volume permet souvent d'obtenir de meilleures conditions, avec des économies pouvant atteindre 10 à 20 %, à condition que le syndic dispose du temps et de l'expertise nécessaires pour mener ces négociations chaque année.
Le DPE collectif est-il obligatoire pour toutes les grandes copropriétés ?
Il s'impose depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 aux immeubles de plus de 50 lots, et depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 à l'ensemble des copropriétés, quelle que soit leur taille. Un audit énergétique complémentaire est requis pour les immeubles de plus de 50 lots en chauffage collectif construits avant 2001.
Un gestionnaire seul peut-il vraiment suivre les charges d'une copropriété de 150 lots ?
Difficilement sur la durée. Le suivi rigoureux des contrats, des sinistres et des obligations réglementaires sur un gros effectif demande une charge de travail que peu de gestionnaires isolés peuvent absorber sans une équipe d'experts en soutien.
Quelles économies peut-on réaliser en renégociant les contrats de maintenance d'une grande copropriété ?
Avec une hausse nationale de 12 % sur ce poste, auditer et remettre en concurrence les contrats de maintenance (ascenseurs, chauffage, espaces verts) permet fréquemment de dégager une marge de négociation significative sur un immeuble de grande taille.










