Pour créer un syndic bénévole, un copropriétaire volontaire doit être élu syndic par l'assemblée générale, à la majorité de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965. La désignation est inscrite à l'ordre du jour d'une AG convoquée au moins 21 jours à l'avance. Une fois élu, le syndic bénévole met à jour le registre national des copropriétés, ouvre un compte bancaire séparé et récupère les archives. Si personne ne veut porter seul cette charge, le syndic coopératif accompagné de Matera permet au conseil syndical de gérer à plusieurs, avec l'appui d'experts.
Créer un syndic bénévole permet de gérer sa copropriété en direct, sans payer de prestataire. C'est l'un des moyens les plus simples de réduire les charges et de reprendre la main sur la gestion de son bien immobilier. En France, près d'un tiers des logements sont en copropriété, et beaucoup de petits immeubles font ce choix en 2026.
Bonne nouvelle : la démarche est plus simple qu'on ne le croit. Voici les 6 étapes pour vous lancer, les critères à remplir, vos obligations légales et les pièges à éviter. Que votre copropriété soit de petite ou de moyenne taille, ce guide vous accompagne pas à pas.
Quel est votre type de syndic actuel ?
Qu'est-ce qu'un syndic bénévole ?
Un syndic bénévole est un copropriétaire désigné en AG pour gérer l'immeuble, sans être payé et sans être un professionnel. Il exerce les mêmes missions qu'un syndic classique, mais à titre gratuit.
Le cadre légal reste celui de la loi du 10 juillet 1965. Le bénévole doit donc appliquer les décisions votées, entretenir l'immeuble et tenir les comptes. Seule différence : il n'a ni carte professionnelle, ni honoraires.
Qui peut exercer ce rôle ?
Seul un copropriétaire de l'immeuble peut exercer ce rôle. Un locataire ou une personne extérieure ne le peut pas. C'est souvent un membre actif du conseil syndical qui se porte volontaire.
Quels sont les critères pour devenir syndic bénévole ?
Pour devenir syndic bénévole, une seule condition est obligatoire : être propriétaire d'un lot dans l'immeuble. Aucun diplôme ni carte professionnelle ne sont demandés.
Les critères à réunir :
- Posséder un lot dans l'immeuble.
- Être une personne physique, désignée à titre individuel.
- Être élu en assemblée générale à la majorité absolue de l'article 25.
- Avoir du temps et des bases en gestion, comptabilité et suivi des travaux.
Conseil pratique : Appuyez-vous sur le conseil syndical, un outil de comptabilité en ligne et l'avis d'un expert juridique en cas de doute.
Quelles sont ses missions ?
Le bénévole assume trois grandes missions, toujours dans le cadre voté en AG. Sur le plan administratif, il convoque l'assemblée, rédige l'ordre du jour et conserve les archives. Côté finances, il prépare le budget, appelle les charges et suit la trésorerie de l'immeuble. Sur le volet technique, enfin, il organise les travaux et l'entretien courant, et signe les contrats avec les prestataires.
Selon notre baromètre national des charges de copropriété, établi sur 8 313 copropriétés, les charges courantes médianes sont passées de 838 € par lot et par an en 2021 à 915 € en 2025. Un bon suivi du budget aide à freiner cette hausse.
Quelles obligations légales pèsent sur lui ?
Le bénévole est soumis aux mêmes règles qu'un professionnel, un point que beaucoup sous-estiment avant de se lancer. Il doit tenir une comptabilité claire et présenter les comptes chaque année. Une assurance responsabilité civile, qui le couvre en cas de faute de gestion, est aussi vivement conseillée : la loi l'impose au syndic professionnel (article 3 de la loi Hoguet du 2 janvier 1970), pas au bénévole. Enfin, il immatricule la copropriété au registre national, en tient les données à jour, et veille à respecter le règlement de copropriété comme les décisions votées.
Le type de copropriété change peu ces règles : un petit immeuble comme une copropriété de taille moyenne doit les respecter. Seule la charge de travail varie selon le nombre de lots.
Les 6 étapes pour créer un syndic bénévole
Étape 1 : Trouver un candidat volontaire
Cherchez un copropriétaire prêt à s'investir, conscient de la charge de travail. Il vient souvent du conseil syndical.
Étape 2 : Préparer le contrat de mandat
Inscrivez la désignation à l'ordre du jour. Un modèle de contrat précise la durée et les missions. Il est annexé à la convocation.
Étape 3 : Voter en assemblée générale
L'élection se fait à la majorité absolue de l'article 25. Le vote fixe la durée du mandat, limitée à trois ans, et la date de prise de fonction.
Étape 4 : Immatriculer la copropriété
Toute copropriété qui compte au moins un logement doit figurer au registre national. Si besoin, le bénévole procède à l'immatriculation après son élection.
Étape 5 : Ouvrir un compte bancaire séparé
La loi impose un compte séparé au nom du syndicat des copropriétaires. Il protège les fonds et garantit la transparence.
Étape 6 : Récupérer les documents
L'ancien syndic dispose de 15 jours pour transmettre la trésorerie et les références des comptes bancaires, et d'un mois pour remettre les documents et archives, contrats compris (article 18-2 de la loi du 10 juillet 1965). Cette passation est encadrée par la loi.
Qui convoque l'assemblée qui élit le syndic bénévole ?
Si l'immeuble a déjà un syndic, c'est lui qui convoque l'assemblée. S'il n'en a pas, n'importe quel copropriétaire peut le faire : selon l'article 17 de la loi du 10 juillet 1965, quand le syndicat est dépourvu de syndic, l'assemblée « peut être convoquée par tout copropriétaire, aux fins de nommer un syndic ».
| Situation de la copropriété | Qui convoque l'AG ? | Démarche |
|---|---|---|
| Un syndic professionnel est en place | Le syndic en place | Lui notifier la demande d'inscription de la désignation à l'ordre du jour (article 10 du décret du 17 mars 1967) |
| Aucun syndic (petit immeuble, mandat expiré) | Tout copropriétaire | Notifier la convocation à chaque copropriétaire au moins 21 jours avant la réunion (article 9 du décret du 17 mars 1967) |
| Personne ne convoque | Un administrateur provisoire | Saisir le président du tribunal judiciaire, qui le désigne à la demande de tout intéressé (article 17 de la loi de 1965) |
L'ordre du jour porte sur la désignation du syndic bénévole et sur l'approbation de son contrat. Pour rédiger la convocation, partez de notre modèle de lettre de convocation à l'assemblée générale et lisez notre guide de la copropriété sans syndic. Si vous quittez un syndic professionnel, les dates de fin et de début des mandats se règlent comme pour tout changement de syndic.
Avantages et inconvénients
Le grand avantage est l'économie : aucune rémunération de syndic. En face, le copropriétaire élu accepte une vraie charge de travail et une responsabilité personnelle.
| Avantages | Inconvénients | |
|---|---|---|
| Coût | Économie directe sur les charges | Frais à prévoir (logiciel, assurance) |
| Gestion | Décisions rapides, suivi de proximité | Temps à y consacrer |
| Responsabilité | Forte implication des copropriétaires | Responsabilité civile engagée |
D'après notre guide du prix d'un syndic, le forfait de base d'un syndic professionnel se situe le plus souvent entre 150 et 300 € par lot et par an. Pour 12 lots, l'économie peut dépasser 2 000 € par an.
L'absence de rémunération est le vrai atout financier. Cette économie peut être réinvestie dans les travaux ou alléger le budget annuel. En contrepartie, la réussite repose sur la rigueur d'une seule personne : un copropriétaire indisponible peut vite ralentir les décisions.
Comment gérer les conflits avec un syndic bénévole ?
Un conflit se règle d'abord en interne, puis en AG, et seulement en dernier recours devant le tribunal. La proximité entre voisins rend le dialogue essentiel. En première intention, le conseil syndical joue les intermédiaires et contrôle la gestion. Si le désaccord porte sur une décision précise, un nouveau vote en AG permet de la réexaminer. Quand le ton monte, la médiation aide à trouver un accord amiable, sans procès. Et lorsque la confiance est rompue, les copropriétaires peuvent révoquer le bénévole, voire engager un recours juridique si une faute de gestion est avérée.
Syndic bénévole ou syndic coopératif : quelle différence ?
La différence tient à la gouvernance. Avec un bénévole, un seul copropriétaire gère. Avec un syndic coopératif, c'est le conseil syndical qui gère, son président faisant office de syndic.
Le coopératif répartit donc la charge entre plusieurs personnes. Le bénévole la concentre sur une seule. Dans les deux cas, la gestion reste gratuite et autonome.
| Critère | Syndic bénévole | Syndic coopératif |
|---|---|---|
| Qui gère ? | Un copropriétaire élu | Le conseil syndical, via son président |
| Rôle | Une personne pilote la copropriété | Une équipe partage les décisions |
| Charge | Concentrée sur une personne | Répartie entre plusieurs |
| Durée du mandat | 3 ans maximum | 3 ans maximum |
| Mise en place | Désignation directe en assemblée | Élection d'un conseil syndical d'abord |
Le choix dépend de la taille de la copropriété et du nombre de volontaires. Une équipe motivée s'oriente souvent vers le coopératif. Un seul copropriétaire impliqué penche pour le modèle bénévole.
Comment passer d'un syndic professionnel à une gestion bénévole ?
Le passage se vote en AG. On inscrit le point à l'ordre du jour, on met fin au mandat du professionnel, puis on élit le bénévole à la majorité absolue.
L'ancien gestionnaire transmet ensuite les fonds sous 15 jours, puis les documents et archives sous un mois (article 18-2 de la loi du 10 juillet 1965). Un outil en ligne facilite beaucoup cette transition.
Matera aux côtés des copropriétés autogérées
Gérer soi-même sa copropriété soulève vite une question : vers qui se tourner face à un point juridique pointu ou une écriture comptable délicate ? C'est là que Matera intervient. Matera est un syndic professionnel, pensé pour les copropriétés qui veulent rester autonomes. Vous gardez la main sur les décisions, tout en étant épaulé par une équipe d'experts (juristes, comptables, spécialistes travaux) et un espace personnalisé simple à prendre en main.
Avec cet accompagnement, vous n'êtes jamais seul face à une difficulté. Vos questions trouvent une réponse sous un délai de 48 heures, vos comptes restent consultables à tout moment, et aucun frais caché ne vient s'ajouter en cours de route. Des milliers de copropriétaires gèrent déjà leur immeuble ainsi. Marc, copropriétaire à Lyon, le confirme : « Le temps de gestion sur la plateforme me prend deux heures par mois environ. »
Deux formules s'adaptent à votre projet. Si vous voulez garder la gestion entre copropriétaires, le syndic coopératif accompagné confie les décisions au conseil syndical, avec la plateforme Matera et l'appui des experts. Si personne n'a le temps de s'en charger, l'offre syndic local vous attribue un gestionnaire dédié, qui suit au plus 30 copropriétés. Fondé en 2017, Matera accompagne déjà 150 000 copropriétaires avec une équipe de plus de 200 experts. Pour savoir quelle formule convient à votre immeuble, demandez un devis personnalisé.
FAQ
Un syndic bénévole peut-il être rémunéré ?
En principe non : il gère gratuitement et se fait rembourser ses frais sur justificatifs. L'assemblée générale peut toutefois lui voter une indemnité ; son contrat doit alors suivre le contrat type, réservé au syndic rémunéré (article 18-1 A de la loi du 10 juillet 1965). Le détail est dans notre article sur la rémunération du syndic bénévole.
Combien de temps dure son mandat ?
Trois ans maximum. Il est renouvelable par un nouveau vote en assemblée.
Que se passe-t-il en cas de démission ?
Une assemblée doit être convoquée vite pour désigner un remplaçant. Si la copropriété se retrouve sans syndic, tout copropriétaire peut convoquer cette assemblée (article 17 de la loi du 10 juillet 1965). Les démarches sont détaillées dans notre article sur la démission du syndic bénévole.
Une assurance est-elle obligatoire ?
Elle n'est pas obligatoire, mais vivement conseillée. La responsabilité personnelle peut être engagée en cas de faute.
Ce modèle convient-il aux grandes copropriétés ?
Il convient surtout aux petites et moyennes copropriétés. Au-delà, la charge devient lourde pour une seule personne.
Quelle différence avec le syndic coopératif ?
Le bénévole gère seul. Dans le coopératif, le conseil syndical gère à plusieurs, via son président.
Quelles sont ses obligations comptables ?
Il doit tenir les comptes, préparer le budget prévisionnel, appeler les charges et présenter la situation financière en assemblée. Les fonds passent par un compte séparé au nom du syndicat.
Peut-on révoquer un syndic bénévole ?
Oui. Les copropriétaires peuvent le révoquer par un vote en assemblée, à la majorité absolue, puis désigner un remplaçant. Le changement prend effet à la date fixée par l'assemblée.
Faut-il un contrat pour un syndic bénévole ?
Oui. L'assemblée qui l'élit approuve un contrat de mandat qui « fixe sa durée et précise ses dates calendaires de prise d'effet et d'échéance » (article 29 du décret du 17 mars 1967). Le contrat type ne s'impose pas au syndic bénévole non rémunéré (article 18-1 A de la loi du 10 juillet 1965), mais s'en inspirer reste prudent. Notre article sur le contrat de syndic bénévole détaille son contenu.
Combien de temps faut-il pour créer un syndic bénévole ?
Comptez au moins trois semaines : la convocation à l'AG doit être notifiée 21 jours au minimum avant la réunion (article 9 du décret du 17 mars 1967). Le syndic bénévole prend ses fonctions à la date votée par l'assemblée. S'il succède à un syndic professionnel, celui-ci a ensuite 15 jours pour transmettre les fonds et un mois pour les archives (article 18-2 de la loi du 10 juillet 1965).










