Copropriété en faillite à Marseille : le signal d'alarme que tout copropriétaire doit connaître

220 000 € de dettes, un syndic dépassé, une manifestation : comment une copropriété bascule sous tutelle judiciaire et comment les avocats et syndics peuvent la sauver.Obtenir un devis personnalisé

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À La Mazenode, dans le 11e arrondissement de Marseille, les copropriétaires manifestent depuis le 26 juin 2026 contre une dette de plus de 220 000 euros et un syndic jugé incapable de redresser la situation. Leur résidence de 20 logements est placée sous administration provisoire depuis plus d'un an, une procédure judiciaire qui retire aux copropriétaires une large part du contrôle sur leur propre immeuble. Ce cas illustre un mécanisme que beaucoup de copropriétaires ignorent jusqu'au jour où il les rattrape : celui de l'article 29-1 de la loi du 10 juillet 1965, qui organise la mise sous tutelle des copropriétés en grande difficulté financière.

Que s'est-il passé à La Mazenode ?

La résidence La Mazenode, 359 boulevard Mireille Lauze à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône, région Provence-Alpes-Côte d'Azur, est composée de 20 appartements construits entre 1961 et 1974. Elle cumule une dette supérieure à 220 000 euros et un syndic jugé défaillant depuis plus d'un an.

Le bâtiment B de la copropriété est placé sous administration provisoire, avec un mandataire judiciaire, le cabinet AJ Associés, chargé de redresser les comptes. Les copropriétaires décrivent une résidence marquée par une façade vieillissante, des portes et portails qui ne ferment plus, des véhicules abandonnés dans les parties communes et des caves régulièrement inondées. Un habitant témoigne d'un dialogue rompu avec le syndic : « Quand on soulève un problème, on n'a pas de réponse 90 % du temps ». Faute de solution rapide, les copropriétaires ont manifesté le vendredi 26 juin 2026 pour réclamer une action coordonnée des pouvoirs publics. Ils ont obtenu un rendez-vous en préfecture le mardi 30 juin 2026, avec l'espoir d'un calendrier concret pour les travaux. En parallèle, ils tentent de vendre un appartement de la copropriété pour éponger environ un tiers de la dette.

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Bon à savoir :
L'administration provisoire est définie par l'article 29-1 de la loi du 10 juillet 1965 comme une procédure judiciaire désignant un administrateur pour gérer une copropriété à la place du syndic, lorsque l'équilibre financier ou la sécurité de l'immeuble est gravement compromis.

Comment une copropriété bascule sous administration provisoire ?

L'administration provisoire est déclenchée par le tribunal judiciaire, saisi par le syndic, des copropriétaires représentant au moins un quart des voix, ou le procureur de la République. Elle intervient quand les impayés de charges dépassent 25 % des sommes exigibles ou que des travaux essentiels à la sécurité ne sont pas réalisés.

Trois signaux précèdent presque toujours ce basculement. D'abord, un taux d'impayés de charges qui grimpe année après année sans plan d'apurement crédible, ce que l'ARC (Association des Responsables de Copropriété) identifie comme le premier facteur de fragilisation des copropriétés.

Ensuite, un syndic qui n'assure plus de suivi budgétaire rigoureux ni de relance des débiteurs, laissant filer la trésorerie.

Enfin, des travaux d'entretien reportés année après année, jusqu'à ce que le plan pluriannuel de travaux devienne obsolète et que le bâti se dégrade visiblement, comme à La Mazenode. La loi ALUR de 2014 a renforcé les obligations de transparence financière des syndics précisément pour prévenir ce type de dérive, en imposant notamment un fonds travaux obligatoire. Lorsque le bâti se dégrade au point de menacer la sécurité des occupants, une procédure distincte peut s'ajouter à la crise financière : l'arrêté de péril, pris par le maire, qui impose des travaux d'urgence indépendamment de la situation comptable de la copropriété.

Cette accumulation de difficultés touche aussi les contrats d'assurance de l'immeuble. Un assureur peut durcir ses conditions, voire résilier le contrat multirisque de la copropriété, quand les impayés s'accumulent et que les travaux de sécurité n'avancent plus, ce qui expose davantage les copropriétaires en cas de sinistre.

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Attention :
Un taux d'impayés de charges supérieur à 25 % des sommes exigibles sur l'exercice suffit légalement à justifier une saisine du tribunal pour administration provisoire.

Ce que perdent les copropriétaires en administration provisoire

Une fois la procédure engagée, le syndic et le conseil syndical perdent l'essentiel de leurs prérogatives de gestion, transférées à l'administrateur judiciaire pour une durée fixée par le tribunal.

Concrètement, les copropriétaires ne votent plus librement leur budget ni leurs travaux selon les règles habituelles de majorité de l'assemblée générale : l'administrateur provisoire soumet ses propres décisions au juge, et les assemblées générales perdent une grande partie de leur pouvoir d'arbitrage. Les copropriétaires conservent toutefois certains droits, notamment celui d'être informés de l'avancement du plan de redressement et celui de faire appel de la décision de placement sous administration provisoire devant la cour d'appel, dans les délais prévus par la procédure. La procédure dure en moyenne plusieurs années, pendant lesquelles la valeur des lots se dégrade souvent, les acheteurs potentiels étant dissuadés par le statut juridique incertain de l'immeuble. À La Mazenode, cette perte de contrôle explique la manifestation du 26 juin 2026 : les copropriétaires cherchent à reprendre la main sur des décisions qui ne dépendent plus directement d'eux. Les frais de procédure et les honoraires de l'administrateur s'ajoutent en général à la dette existante, aggravant mécaniquement la charge financière de chaque copropriétaire, sans garantie de résorption rapide du passif en 2026.

Des conséquences concrètes au quotidien

Au quotidien, les habitants subissent aussi des effets concrets qui dépassent la seule question comptable. L'entretien courant se limite au strict minimum tant que la trésorerie reste sous contrôle judiciaire, ce qui explique les façades dégradées et les caves inondées observées à La Mazenode. Les demandes d'intervention adressées au syndic restent souvent sans réponse, comme le décrit un habitant, ce qui nourrit un sentiment d'abandon et complique la vie de copropriété. Les futurs acquéreurs ou vendeurs de lots doivent en outre mentionner ce statut judiciaire dans toute transaction, ce qui allonge les délais de vente et pèse sur la négociation du prix.

Vers quels professionnels se tourner pour sortir de la crise ?

Sortir d'une administration provisoire suppose de mobiliser plusieurs professionnels compétents en parallèle : un avocat spécialisé en droit de la copropriété, l'administrateur judiciaire déjà en place, et, à terme, un nouveau syndic capable de reprendre une gestion saine.

Un avocat spécialisé en droit de la copropriété, à Marseille comme ailleurs, aide les copropriétaires à comprendre leurs droits face à l'administrateur judiciaire, à contester une décision jugée abusive devant le tribunal, ou à engager une action en responsabilité contre l'ancien syndic si des fautes de gestion sont caractérisées.

Le barreau de Marseille et les associations de défense des copropriétaires, comme l'ARC, orientent généralement vers des cabinets rompus à ce contentieux spécifique, distinct du droit immobilier classique. Il faut aussi distinguer l'administration provisoire de la copropriété d'une éventuelle liquidation judiciaire du syndic lui-même : quand la société commerciale qui gérait l'immeuble est en cessation de paiement, ses propres dettes et sa responsabilité relèvent d'une procédure séparée devant le tribunal de commerce. Le plan de redressement proposé par l'administrateur doit ensuite être validé en assemblée puis homologué par le tribunal, avec des échéances de remboursement échelonnées et, parfois, la vente d'un lot commun pour apurer une partie de la dette, comme envisagé à La Mazenode.

Bien choisir le nouveau syndic après la levée de l'administration provisoire

Le choix d'un nouveau syndic, une fois l'administration provisoire levée, conditionne la suite. Les copropriétaires doivent vérifier la solidité financière et la réactivité du candidat, sa capacité à produire un suivi précis des impayés dès la première assemblée, et son expérience concrète des copropriétés sortant de redressement. Un syndic qui communique en temps réel sur l'état des comptes, plutôt que par échanges épars, évite de reproduire les silences qui ont fragilisé La Mazenode.

Comment éviter la spirale de l'administration provisoire ?

La prévention repose sur un suivi rigoureux des impayés dès les premiers retards et sur un contrôle actif des engagements du syndic, avant que la dette ne devienne insoutenable.

Le conseil syndical doit exiger un état des impayés à chaque conseil et déclencher les relances puis les procédures de recouvrement sans attendre plusieurs exercices. Un budget prévisionnel réaliste, couplé à un fonds travaux alimenté conformément à la loi ALUR, absorbe les imprévus sans recourir à des appels de fonds exceptionnels qui aggravent les tensions. Chez Matera, cette vigilance est au cœur du métier : chaque copropriété est suivie par un gestionnaire dédié qui surveille les impayés en continu, tout en donnant aux copropriétaires un espace personnalisé pour consulter en temps réel l'état des comptes et des relances. Cette combinaison, un professionnel qui alerte tôt et des copropriétaires qui gardent une visibilité constante, permet d'agir avant que le seuil des 25 % d'impayés ne soit atteint. L'ANAH et la FNAIM rappellent régulièrement que les copropriétés qui s'en sortent sont celles qui traitent les premiers impayés comme un signal d'alerte, pas comme un détail comptable.

La copropriété La Mazenode, à Marseille, illustre les conséquences concrètes d'une dette non maîtrisée : administration provisoire depuis plus d'un an, dette supérieure à 220 000 euros, et une mobilisation des copropriétaires le 26 juin 2026 pour peser sur la suite de la procédure. L'article 29-1 de la loi de 1965 encadre ce dispositif, déclenché dès que les impayés dépassent 25 % des charges exigibles. La seule prévention efficace reste un suivi rigoureux des comptes et un contrôle actif du syndic, bien avant que la situation ne devienne irréversible.

FAQ

Qui peut demander la mise sous administration provisoire d'une copropriété ?

Le syndic, des copropriétaires représentant au moins 25 % des voix, ou le procureur de la République peuvent saisir le tribunal judiciaire.

Combien de temps dure une administration provisoire ?

Le tribunal fixe une durée initiale, souvent 12 à 24 mois, renouvelable si les difficultés financières persistent.

Qui paie l'administrateur judiciaire ?

Ses honoraires sont à la charge de la copropriété et s'ajoutent aux charges courantes, ce qui alourdit la facture de chaque copropriétaire.

Un copropriétaire à jour de ses charges est-il aussi concerné ?

Oui, tous les copropriétaires sont soumis aux décisions de l'administrateur, y compris ceux qui n'ont jamais eu d'impayés.

Peut-on vendre son lot pendant une administration provisoire ?

La vente reste possible, mais le statut judiciaire de la copropriété freine souvent les acheteurs et pèse sur le prix.

Quelles obligations le syndic doit-il respecter pour éviter cette procédure ?

Il doit assurer un suivi budgétaire rigoureux, relancer les impayés sans délai et alimenter le fonds travaux prévu par la loi ALUR.

Peut-on faire appel d'une décision d'administration provisoire ?

Oui, le syndic ou les copropriétaires peuvent contester la décision devant la cour d'appel, dans les délais fixés par la procédure judiciaire.

L'assurance de l'immeuble est-elle menacée en cas de crise financière ?

Oui, un assureur peut durcir ses conditions ou résilier le contrat multirisque si les impayés s'accumulent et que les travaux de sécurité sont retardés.

Mis à jour le
13.07.2026
Radia Tazi
Radia Tazi
Rédactrice immobilière

Depuis son arrivée chez Matera en 2025, Radia cultive sa passion pour la rédaction et la copropriété. Elle assure la maintenance des articles afin de garantir leur qualité pour les internautes, toutes thématiques confondues. Elle produit également de nombreuses notes internes et veille à la mise à jour régulière des contenus liés à la copropriété comme à la gestion locative.